Aricept (donépézil)
Aricept est la marque d'origine du donépézil, inhibiteur de l'acétylcholinestérase développé par Eisai et longtemps commercialisé avec Pfizer. Il est utilisé dans la démence de type Alzheimer, jusqu'au stade sévère aux États-Unis. Comprimés et comprimés orodispersibles à 5 mg, 10 mg et 23 mg.
- Substances actives
- Donepezil
- Laboratoire
- Eisai
- Formes pharmaceutiques
- tablet , orally disintegrating tablet
- Catégorie
- Médicaments neurologiques
What is it?
Aricept est la marque d'origine du donépézil, inhibiteur oral de l'acétylcholinestérase découvert par Eisai au Japon et autorisé par la FDA en 1996 dans la démence de type Alzheimer. Aux États-Unis, il a été commercialisé conjointement par Eisai et Pfizer pendant de longues années, et il demeure l'inhibiteur de la cholinestérase le plus prescrit au monde. En France, Aricept est disponible depuis 1997 ; depuis le 1er août 2018, il n'est plus remboursé par l'Assurance Maladie, la HAS ayant jugé son service médical rendu insuffisant, mais il reste délivré sur ordonnance. Il ne stoppe pas la maladie, mais peut soutenir temporairement la mémoire, l'attention et l'autonomie.
Substances actives
Chaque comprimé d'Aricept contient du chlorhydrate de donépézil comme principe actif, en France aux dosages de 5 mg et 10 mg ; le comprimé à 23 mg n'est commercialisé qu'aux États-Unis. La forme orodispersible existe en 5 mg et 10 mg. Le donépézil est un inhibiteur réversible de l'acétylcholinestérase, à noyau pipéridine, c'est-à-dire de l'enzyme qui dégrade l'acétylcholine dans le cerveau. Il est très sélectif de l'enzyme centrale par rapport à la butyrylcholinestérase périphérique, ce qui explique en partie sa meilleure tolérance que les premiers agents comme la tacrine. Le chlorhydrate est hydrosoluble, presque entièrement absorbé et insensible à l'alimentation.
Forms and dosages
Aricept se présente en comprimés pelliculés à 5 mg (blancs) et 10 mg (jaunes) et en comprimés orodispersibles à 5 mg et 10 mg pour les patients ayant des difficultés de déglutition ; le comprimé à 23 mg n'existe qu'aux États-Unis. Le traitement débute à 5 mg une fois par jour, habituellement le soir au coucher, et peut être porté à 10 mg après au moins 4 à 6 semaines, une fois les effets initiaux estompés. Selon la notice, 10 mg par jour est la dose maximale autorisée dans l'Union européenne. En cas d'insomnie ou de rêves intenses, la prise peut être déplacée au matin après avis du médecin.
Indications
Aricept est autorisé dans l'Union européenne dans le traitement symptomatique de la maladie d'Alzheimer dans ses formes légères à modérément sévères ; aux États-Unis, l'indication s'étend au stade sévère, et le Japon a en outre approuvé le donépézil dans la démence à corps de Lewy. Hors AMM, il est parfois utilisé dans la démence vasculaire ou mixte, avec un niveau de preuve plus faible. En France, la prescription initiale est réservée aux neurologues, psychiatres et gériatres, le renouvellement pouvant être assuré par le médecin traitant. Selon les recommandations, le bénéfice doit être réévalué tous les 6 à 12 mois, et les antécédents cardiaques vérifiés en raison du risque de bradycardie et de syncope.
Mécanisme d'action
La maladie d'Alzheimer détruit les neurones cholinergiques du prosencéphale basal et réduit l'acétylcholine disponible pour les circuits de la mémoire et de l'attention. Le donépézil bloque de façon réversible l'acétylcholinestérase, ralentit la dégradation de l'acétylcholine dans la synapse et prolonge son action sur les récepteurs restants. L'effet est symptomatique : il ne modifie ni la pathologie amyloïde ni la pathologie tau, et la cognition rejoint la trajectoire sans traitement en quelques semaines après l'arrêt. La demi-vie d'élimination d'environ 70 heures autorise une prise quotidienne, mais l'état d'équilibre n'est atteint qu'après 2 à 3 semaines, d'où un espacement d'au moins 4 semaines entre les paliers. Le métabolisme passe par les CYP2D6 et CYP3A4.
Questions fréquentes
En combien de temps Aricept agit-il ? ▾
Aricept n'est pas un médicament à action rapide. Des gains modestes d'attention, de mémoire et d'autonomie, lorsqu'ils surviennent, apparaissent en général au cours des 6 à 12 premières semaines à dose stable, et chez de nombreux patients le bénéfice se résume à un déclin plus lent plutôt qu'à une amélioration visible. Avec une demi-vie d'environ 70 heures, chaque palier a besoin de 2 à 3 semaines pour atteindre l'état d'équilibre. Selon la notice, la réponse s'évalue au mieux après environ 3 mois à 10 mg, idéalement avec un test cognitif, et le médecin décide alors de poursuivre ou non.
Quels sont les effets indésirables les plus fréquents d'Aricept ? ▾
Les effets indésirables les plus fréquents sont cholinergiques et dose-dépendants : nausées, diarrhée, vomissements, perte d'appétit, perte de poids, crampes musculaires, fatigue, insomnie ou rêves intenses. La plupart s'atténuent en 2 à 3 semaines après l'instauration ou l'augmentation de dose, raison pour laquelle le passage de 5 mg à 10 mg attend au moins 4 semaines. Selon la notice, une perte de poids inexpliquée, un malaise ou un pouls très lent doivent être signalés rapidement au médecin.
Aricept peut-il être pris en cas de maladie cardiaque ? ▾
Avec prudence. Les inhibiteurs de la cholinestérase ralentissent le cœur par un effet vagal, et le donépézil a été associé à des bradycardies, des blocs auriculo-ventriculaires et des syncopes, surtout en cas de maladie du sinus, de troubles de la conduction préexistants ou de traitement par bêtabloquant. Selon la notice, une chute ou un malaise sous Aricept justifie un bilan cardiologique, et certains médecins demandent un électrocardiogramme avant de commencer. Les patients asthmatiques, atteints de BPCO, d'ulcère gastro-duodénal, d'épilepsie ou d'obstruction urinaire doivent également être évalués par leur médecin, car le donépézil peut aggraver chacune de ces situations.
Que se passe-t-il à l'arrêt d'Aricept ou en cas d'oubli ? ▾
Le donépézil n'entraîne pas de syndrome de sevrage classique, mais le bénéfice symptomatique s'efface en quelques semaines et la cognition rejoint le niveau attendu sans traitement ; cette perte n'est généralement pas rattrapée à la reprise. Une dose oubliée est simplement sautée, sans doubler la suivante. Selon la notice, après une interruption de plus de quelques jours, le traitement doit être repris à 5 mg puis augmenté à nouveau, car la tolérance digestive est perdue. Toute décision d'arrêt doit être prise avec le médecin prescripteur.
Le donépézil générique est-il identique à Aricept ? ▾
Oui. Les comprimés et comprimés orodispersibles de donépézil générique sont autorisés comme bioéquivalents à Aricept depuis 2010 et contiennent le même principe actif aux mêmes dosages. Les différences portent sur les excipients, la couleur et la forme, ce qui compte surtout chez les patients présentant des intolérances particulières. En France, le pharmacien substitue en général un générique sauf mention « non substituable » du médecin ; si l'aspect des comprimés change, il peut confirmer que le dosage est inchangé. Depuis le déremboursement de 2018, le prix est libre et varie d'une pharmacie à l'autre.
Aricept peut-il être associé à la mémantine ? ▾
Oui. La mémantine, antagoniste des récepteurs NMDA, agit par un mécanisme différent et est fréquemment ajoutée au donépézil dans la maladie d'Alzheimer modérée à sévère. L'association n'augmente pas les effets cholinergiques, la mémantine n'ayant pas d'action directe sur l'acétylcholine. Selon les recommandations, l'ajout de mémantine relève du médecin traitant, selon le stade de la maladie et la tolérance, et aucun des deux médicaments ne doit être attendu comme capable d'inverser la maladie sous-jacente.
Médicaments apparentés
Sources
Cette page s'appuie sur le résumé des caractéristiques du produit de Donepezil. Les liens ci-dessous ouvrent une recherche portant sur cette substance active dans chaque registre : vous accédez ainsi toujours à la version en vigueur, et non à une copie figée.
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