Mirtazapine
La mirtazapine est un antidépresseur atypique de la classe des NaSSA. Sédative et orexigène à faible dose, avec nettement moins d'effets sexuels que les ISRS, elle est largement utilisée dans la dépression avec insomnie, amaigrissement ou anxiété.
- Formule chimique
- C17H19N3
- Numéro CAS
- 85650-52-8
- Code ATC
- N06AX11
- Masse moléculaire
- 265.36 g/mol
- Classe pharmacologique
- Atypical antidepressant (NaSSA)
- Également appelé
- Remeron, Zispin, Avanza
What is it?
La mirtazapine est un antidépresseur atypique de la classe des NaSSA (antidépresseur noradrénergique et sérotoninergique spécifique), autorisé par la FDA en 1996, commercialisé sous le nom de Remeron par Organon (aujourd'hui Merck), de Norset en France, de Zispin au Royaume-Uni et d'Avanza en Australie. La mirtazapine générique autorisée est largement disponible depuis 2004. Son profil distinctif — sédatif, orexigène, peu d'effets sexuels — la rend particulièrement utile chez les patients déprimés âgés ou amaigris souffrant d'insomnie.
Mécanisme d'action
La mirtazapine antagonise les autorécepteurs et hétérorécepteurs α2-adrénergiques présynaptiques, ce qui augmente la libération de noradrénaline et de sérotonine. Elle bloque également les récepteurs postsynaptiques 5-HT2A, 5-HT2C et 5-HT3, redirigeant la sérotonine excédentaire vers les récepteurs 5-HT1A. C'est un antagoniste puissant des récepteurs histaminiques H1, ce qui explique ses effets sédatifs et orexigènes marqués, en particulier à faible dose. L'effet antidépresseur se construit sur 4 à 6 semaines.
Pharmacokinetics
La mirtazapine est bien absorbée après administration orale, le pic plasmatique survenant vers 2 heures. La demi-vie terminale est de 20 à 40 heures, ce qui autorise une prise unique quotidienne, habituellement au coucher. Le métabolisme hépatique passe par le CYP2D6, le CYP3A4 et le CYP1A2, les métabolites actifs contribuant peu à l'effet clinique. L'insuffisance hépatique ou rénale allonge nettement la demi-vie et peut imposer une adaptation de la dose.
Indications
La mirtazapine est autorisée dans la dépression caractérisée. Elle est largement utilisée hors AMM dans la dépression avec insomnie, la dépression du sujet âgé avec anorexie, la dépression chez les patients ne tolérant pas les effets sexuels des ISRS, et comme adjuvant du sommeil en pratique psychiatrique. Selon les recommandations cliniques, la mirtazapine est souvent considérée comme un traitement de deuxième intention dans la dépression caractérisée, mais devient de première intention lorsque son profil sédatif et orexigène correspond aux symptômes du patient.
Safety profile
Les effets indésirables fréquents comprennent la sédation (maximale aux faibles doses de 7,5 à 15 mg, paradoxalement moindre aux doses supérieures), l'augmentation de l'appétit, la prise de poids, la sécheresse buccale et les vertiges. Les troubles de la fonction sexuelle sont peu fréquents comparés aux ISRS. Parmi les effets rares figurent l'agranulocytose (très rare, imposant une évaluation immédiate devant toute angine ou fièvre inexpliquée) et l'élévation des lipides. Selon la notice, une activation paradoxale peut survenir et l'arrêt doit être progressif pour éviter des symptômes de sevrage modérés.
Médicaments contenant cette substance
Questions fréquentes
Pourquoi la mirtazapine est-elle plus sédative à faible dose ? ▾
Aux faibles doses (7,5 à 15 mg), l'effet antihistaminique H1 domine et produit une forte sédation. Aux doses supérieures, l'augmentation de la transmission noradrénergique contrebalance cette sédation antihistaminique : 30 ou 45 mg endorment donc souvent moins que 15 mg. Selon la pratique clinique, cette particularité est exploitée en utilisant 15 mg dans l'insomnie associée à la dépression, et en augmentant la dose seulement si la dépression ne répond pas.
La mirtazapine est-elle mieux tolérée que les ISRS ? ▾
La mirtazapine provoque nettement moins de troubles de la fonction sexuelle et de troubles digestifs que les ISRS, mais davantage de sédation, de prise de poids et de somnolence. Selon les recommandations actuelles, cet arbitrage en fait un agent de deuxième intention privilégié chez les patients ne tolérant pas les effets indésirables des ISRS, en particulier lorsque le profil symptomatique (insomnie, amaigrissement, perte d'appétit) correspond à ses points forts.
L'arrêt de la mirtazapine provoque-t-il un sevrage ? ▾
La mirtazapine possède une demi-vie modérée (20 à 40 heures) et la plupart des patients peuvent l'arrêter avec peu ou pas de symptômes d'arrêt. Selon la notice, une décroissance progressive sur 1 à 2 semaines est recommandée lorsque c'est possible. Les symptômes, lorsqu'ils surviennent, comprennent vertiges, nausées, irritabilité et troubles du sommeil, et disparaissent en quelques jours.
Sources
Cette page s'appuie sur le résumé des caractéristiques du produit de Mirtazapine. Les liens ci-dessous ouvrent une recherche portant sur cette substance active dans chaque registre : vous accédez ainsi toujours à la version en vigueur, et non à une copie figée.
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